artisanat

Le domaine de l’artisanat en Tunisie représente non seulement un patrimoine culturel mais une source importante de revenus également, pour des milliers de familles.

Désormais, certains métiers artisanaux risquent d’être anéantis en raison de certaines difficultés de commercialisation et du renchérissement de certaines matières premières.

L’artisan tunisien, outre l’obligation de payer ses charges mensuelles comme le loyer, la main d’œuvre et les matières premières, rencontre des difficultés à s’approvisionner, de manière à pouvoir offrir une diversité d’articles lui permettant de booster ses ventes.

Entre autres, les créateurs artisans n’ont aucune garantie qui leur permet de protéger leurs créations contre l’imitation, en dehors de la possibilité d’enregistrer leurs produits à un prix exorbitant, auprès de l’Institut national de la normalisation et de la propriété industrielle (Innorpi) !

Toutes ces entraves ne peuvent qu’immobiliser le développement de ce secteur, ce qui a conduit certains artisans à prendre la décision de quitter le domaine.

Certes, le ministère du Tourisme ainsi que le ministère du Commerce et de l’Artisanat sont en train d’aider les artisans en leurs offrant des micro-crédits qui peuvent atteindre les deux mille dinars, des formations continues et des foires tout au long de l’année ; les vendeurs n’arrivent cependant pas à couvrir leurs charges vu la cherté des matières premières.

De son côté, le consommateur tunisien joue un rôle important en ce qui concerne le développement et la pérennité du domaine artisanal, à condition toutefois que les prix soient mis à sa portée. Faute de quoi, le produit artisanal risque de passer aux oubliettes, ou dans la meilleure des hypothèses d’être l’apanage de rares occasions, pour célébrer telle ou telle fête.

Sur un autre plan, certains artisans Tunisiens ont essayé de promouvoir l’artisanat traditionnel afin d’en faire un vecteur de développement local. La plupart d’entre eux sont des commerçants disposant d’un capital qui leur permette la production continue, de petits et moyens articles artisanaux, d’articles fait main personnalisés comme les couffins, les sacs ou les pochettes…

Mais malheureusement, ceci ne peut qu’aggraver l’affaiblissement et la précarité des petits artisans qui subissent de plein fouet les effets de la concurrence inéquitable.

Outre les problèmes de commercialisation, de concurrence et de renchérissement de matières premières, on voit des articles artisanaux vendus à très bas prix, à cause de l’importation illégale à partir de certains pays asiatiques notamment. Ce qui a engendré une chute vertigineuse des chiffres d’affaires pour les artisans tunisiens.

Pour conclure, il faut souligner que le domaine de l’artisanat en Tunisie subit aujourd’hui la marginalisation qui, à terme pourrait le vouer à l’extinction !
Mais ceci n’est pas une fatalité, du moment que chacun joue son rôle et contribue à la conservation et à l’essor de ce riche patrimoine. D’où l’importance d’agir sur les habitudes et réflexes du consommateur tunisien ou étranger. Celui-ci devrait abandonner la contrefaçon, au profit du patrimoine national qu’il faudrait consommer, sans réticence ni modération.

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